diumenge, 17 d’octubre de 2010

Speak white!


Déclamation du poème Speak White de Michèle Lalonde par elle-même au théâtre Gesù de Montréal, le 27 mars 1970.

Qui doit "parler blanc"? Sans doute, ceux qui ne parlent pas "avec l'accent de Milton et Byron et Shelley et Keats".

Ce poème représente le besoin du peuple québécois de parler français, contre les menaces canadiennes. Ces menaces, ce "speak white" si souvent entendu, encore de nos jours sur Sainte-Catherine à Montréal, représente l'impossibilité de concilier deux peuples différents, sans rien en commun, sauf la domination et la force de l'un sur l'autre.

"Speak white fucking frog", et l'on commence à parler en anglais. Le bilinguisme canadien est mis en question. Même au Québec, où les anglophones représentent mois de 10% de la population, on doit parler leur langue, étrangère pour les Québécois.

Michèle Lalonde et son poème assument toutes ces idées: domination, colonisation canadienne sur le Québec, imposition linguistique... La littérature de la Révolution tranquille (années 1960) reprend ces thèmes pour construire un nouveau discours national, qui se décharge des sentiments d'infériorité existants jusque-là. On commence à défendre l'histoire du Québec, la culture québécoise, face aux accusations canadiennes, si souvent répétées: "c'est un peuple sans histoire et sans littérature".

Si l'on devrait résumer la Révolution tranquille avec un texte littéraire, peut-être le plus convenable serait d'utiliser ce "Speak white", prononcé avec rage et avec force.

Cliquez ici pour lire le poème de Michèle Lalonde.
Et pour les "anglos", vous pouvez lire la traduction de ce poème dans ce site.